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Sur le site Livresgay.fr une recension dithyrambique

Synopsis

Hannes Steinert est né en 1954 à Stuttgart (Allemagne) où il travaille encore. Il expose depuis 1984. Sa dernière exposition en France date de l’année 2007, à la librairie-galerie Les Mots à la Bouche à Paris. En Allemagne, il a exposé à Berlin à Jackwerth Verlag ainsi qu’à la librairie Eisenherz, de décembre 2007 à février 2008, à Munich à la Kunstbehandlung en mars et avril 2008, à Stuttgart à la galerie Merkle de septembre à novembre 2011 et tout dernièrement, en 2012, à la Galerie Bovistra. En Hollande, en 2012 encore, son travail a fait l’objet d’une exposition chez Jan van Stralen & Sandro Kortekaas à Groningue, à la Galerie MooiMan. Dans une édition trilingue, il a publié à Hambourg en 2008, chez Männerschwarm Verlag, une plaquette intitulée Plaisir d’amour. Hannes Steinert a aussi successivement illustré pour ErosOnyx Editions Mythologie gayment racontée (2009) d’Yvan Quintin et Amours garçonnières (2010) de Clément Marie.
Notre avis

Je pensais que le plus difficile, ce serait de résumer et de présenter des recueils de poésie ou de nouvelles. Mais ça, comme dit la pub, c’était avant. Essayez de le faire pour ce que l’on appelle communément des Beaux Livres, et vous verrez. Déjà, comment en faire un résumé digne de ce nom quand il n’y a que des images à résumer (plus précisément, des dessins) ? Faut-il en décrire certaines au risque de faire bailler les internautes ? Et comment fait-on quand, en plus des images, il y a des textes ? Et pas n’importe quels textes – mais des poèmes en plusieurs langues ? Présenter l’artiste alors que son curriculum vitæ a été raconté de façon succincte mais exhaustive dans le synopsis ? Dilemme…

Du coup, je me résous à vous livrer une critique un peu différente de celles que vous trouvez habituellement sur ce site. Je vais commencer par reprendre le terme utilisé dans le paragraphe précédent : Beau Livre. Eh bien, celui-ci l’est sans doute, en plus d’en être un qui a l’avantage a) de ne pas peser trois tonnes (comme c’est souvent le cas), et b) de ne pas être d’un format quasi-impossible à manier. Ici, il s’agit d’un 24×24 cm à vue de nez, très pratique, et qui s’apparente plus à un livre de poche de qualité. C’est aussi un de ces livres que l’on feuillette une première fois pour s’imprégner du style de l’artiste, de sa technique, de ses sujets, ses particularités, ses prédilections, ses petites obsessions… Puis, plus tard, on le reprend, on s’arrête sur un dessin, on l’étudie de plus près, on fait une nouvelle halte pour lire un poème, pour faire fondre les paroles dans sa bouche, les ruminer dans sa tête, les faire résonner dans son cœur. De fil en aiguille, ça devient un livre que l’on a manipulé plusieurs fois, que l’on reprend de temps en temps car on découvre toujours de nouvelles choses. La beauté d’une image, c’est qu’elle a beau rester la même, elle n’aura jamais deux fois le même impact.

C’est donc ce que j’ai fait. Sûrement parce que j’ai tout de suite accroché. J’adore ce style léger et enlevé du dessinateur, Hannes Steinert, qui a un grand faible pour les jeunes hommes non seulement bien faits de leur personne – sculpturaux, aux pectoraux saillants, aux tétons qui pointent, aux sexes garnis (il y en a pour tous les goûts, d’ailleurs), aux culs bombés, aux poses souvent alléchantes –, mais aussi beaux comme des dieux antiques. Donc, j’avoue, il y a pire comme passe-temps que de reluquer ces gars aux corps glabres, aux minois de mannequin et aux moues et à la légère mélancolie qui donnent envie de s’occuper comme il faut de ces jeunots. Certes, la plupart n’ont pas l’air d’avoir besoin de nous, les spectateurs voyeurs ; la plupart semblent retirés, vivant dans leur monde, leur bulle, se suffisant à eux-mêmes ou déjà tellement bien accompagnés que l’on se sentirait presque comme un intrus. Si leurs poses sont lascives, il se dégage d’eux ce je-ne-sais-quoi de naturel, de non-pose justement, d’innocent peut-être, de précieux sûrement. D’ailleurs, bien que rien ne soit caché par un excès de pudibonderie, ce qui m’a frappé, en-dehors de la beauté des dessins, c’est leur caractère pas du tout pornographique. Aucun phallus érigé ne m’a semblé salace.

Ajoutez à ça une sélection de très beaux poèmes, qui vont d’auteurs antiques en passant par des poètes classiques jusqu’à des écrivains modernes. Quelle n’a pas été ma joie de découvrir du Virgile, du Shakespeare, du Michel Ange, du Stefan George (que j’ai étudié au lycée tout en ignorant qu’il ait pu dédier certaines lignes aux beaux garçons), du Baudelaire, du Whitman, du Garcia Lorca… Et quel plaisir de trouver ces textes en version originale avec, à côté, la traduction française. Ça m’a laissé le choix, et pour l’allemand, l’anglais et l’espagnol, j’ai donc pu favoriser l’original. Mais même les autres textes – le latin m’a rappelé de bons souvenirs (je suis un de ces mecs bizarres qui aimaient bien cette matière, au lycée) ; le grec, j’arrive à le déchiffrer, et j’adore le son de ses mots même si je n’en comprends pas des masses ; pareil pour l’italien, le portugais, le russe… Très bonne idée d’avoir mis les deux versions.

En résumé, ça fait du bien, de temps en temps, de fermer le roman qu’on est en train de lire pour ouvrir un livre comme celui-ci. Il offre la possibilité de se laisser aller dans des rêves éveillés, de laisser son âme se soulever et voleter en toute légèreté. Ça change, donc, et très agréablement, en plus. Petit livre vivement recommandé, aux esthètes et à celles et ceux qui aiment les belles formes.
Infos

Auteur : Hannes Steinert
Titre : H comme…
Publié par : ErosOnyx Éditions
Publié le : 1er novembre 2012
Genre(s) : Beau livre, dessins, poésie
Pages : 144
Lu par : ParisDude
Sensualité : 4 flammes sur 5
Note

5 étoiles sur 5