Vu du Québec par Info-culture : Nos secrètes amours et Les Kitharèdes

QUÉBEC (Canada)

La maison d’édition ErosOnyx dont la mission est de mettre en valeur la sexualité rose, l’homosexualité comme une autre et différente, nous offre deux parutions traitant de la poésie saphique. Il y a d’abord, Renée Vivien avecLes Kitharèdes, ou Citharèdesqui étaient des joueuses de cithare et poétesses lyriques. Et le deuxième ouvrage dont la poésie est encore plus sensuelle et explicite, Nos secrètes amours de Lucie Delarue-Mardrus. Précisons que ces deux auteures ont écrit leurs ouvrages au début du XXième siècle.

 
Les Kitharèdes

Renée Vivien nous amène au cœur de la Grèce antique et nous présente douze Kitharèdes dont Korinna, Nossis, Télésilla, Moïrô pour lesquelles rien n’était plus doux qu’Erôs et ajoutons, sans crainte de nous tromper que pour elle rien n’était plus merveilleux que l’amour saphique. Renée Vivien de son vrai nom Pauline Mary Tarn est venue au monde en 1877 en Angleterre et terminera sa vie à Paris en 1909. Maitrisant la langue grecque, elle traduit des fragments de poèmes écrits par les Kitharèdes à partir desquels ont été composés ses propres poèmes publiés en 1904.

Renée Vivien a non seulement fait œuvre scientifique mais « … en exhumant des femmes poètes de l’antiquité grecque, elle visait un but idéologique et militant, celui de la cause féminine. » Au moment où nous avons sur nos grands écrans le film Milk sur la militance d’un politicien du même nom à San-Francisco dans les années ’70, il est intéressant de rapprocher une militante du début du siècle et un militant plus près de nous, mais dont les deux vies se sont terminées tragiquement : Milk par un assassinat et Vivien par un suicide.
 

Nos secrètes amours

Voici un recueil de poèmes publié en 1951 mais sans nom d’auteur. La sensualité et l’amour profond qui se dégagent de ces poèmes composés par Lucie Delarue-Mardrus pour son amante et amie de cœur Nathalie Clifford Barney. C’est cette dernière qui a d’abord fait publier le recueil après la mort de l’auteure en 1945. Une cinquantaine de poèmes ont été réunis dans cet ouvrage. La première strophe du poème intitulé Furieusement donne un excellent exemple du ton et du style de Lucie Delarue-Mardrus.
 
 

Je veux te prendre, toi que je tiens haletante

Contre mes seins, les yeux noirs de consentement;

Je veux te posséder comme un amant,

Je veux te prendre jusqu’au cœur!…Je veux te prendre!…

 
Lucie Delarue-Mardrus

Pour en savoir plus et se régaler de cette poésie saphique, il faut se procurer les deux ouvrages.

Vu du Québec par Info-culture.biz : Inverses et ErosOnyx Editions

Inverses

Le huitième numéro annuel de la revue Inverses, nous fait découvrir une auteure saphique importante du début du XXième siècle, Lucie Delarue-Mardrus et nous invite à réfléchir sur l’homosexualité en milieu rural à partir de certains écrits comme la fameuse nouvelle de Brokeback Mountain et sur la pédérastie par le biais d’un journal de bord tenu par Jehan Rictus édité en 1906. Une entrevue avec un illustrateur de l’homosexualité, Xavier Gicquel, vient parachever ce dernier numéro.
Ces merveilleuses découvertes nous ouvrent l’esprit sur l’histoire des homosexualités et nous font découvrir et connaître des personnes qui ont courageusement choisi de s’affirmer comme homosexuelles à une époque de plus grande discrimination que nous connaissons de nos jours. Lucie Delarue-Mardrus en fait la preuve alors que Jehan Rictus nous en présente l’antithèse.
Un pays ou une communauté qui ne plonge pas ses racines dans une histoire connue et assimilée a de la difficulté à se définir et assoie les fondations de sa  » fierté  » sur de la terre glaise. Dans Inverses nous retrouvons des gestes d’appropriation de l’identité homosexuelle par des littéraires homosexuelles qui se présentent aux autres sous leur vrai jour. De ça ils et elles peuvent être fiers tout comme nous devons être reconnaissants pour ceux et celles qui nous apportent ces connaissances.
Des analyses fines nous montrent les difficultés d’afficher son homosexualité dans un environnement social encore influencé par le cléricalisme à outrance et la phallocratie hétérosexiste omniprésente. Mais certains osent et l’illustrateur Gicquel en est un exemple éloquent.
Inverses, Magazine, 249p. 13 €

Fleur de chair

Yvan Quintin nous transporte dans six univers différents par son recueil de nouvelles Fleur de chair. La sensualité homosexuelle y est toujours présente et à fleur d’épiderme. Il nous montre les affres de l’homosexualité non avouée entre deux adolescents; la jalousie d’une jeune fille amoureuse d’une autre qui s’est entichée d’un garçon; la tendresse de la rencontre d’un matelot et d’un jeune fugueur qui ne peut dévoiler son orientation sexuelle, outrancière à ses parents; l’ironie dans l’arrestation de  » pédés  » qui trouvent leur jouissance dans la cellule devant servir à punir leurs actes défendus; l’aspect historique dans la mythologie avec un clin d’œil au fameux bataillon de Thèbes formé de 300 guerriers homosexuels et enfin les peurs, les désirs et les plaisirs de la découverte lors des premières rencontres. Un recueil qui mérite d’être lu et relu.
Fleur de chair, 109p. 13 €

Études et préludes, Cendres et poussières, Sapho

Erosonyx nous propose une courte biographie jointe à des vers de Sapho elle-même que  » l’authoresse  » Renée Vivien a traduits elle-même du grec. Dans l’ensemble la vie littéraire de cette auteure saphique est composée  » … d’une vingtaine d’ouvrages, recueils de vers, poèmes en prose, romans, nouvelles, aphorismes, traductions, adaptations et même une biographie « . Pas si mal pour une femme qui est morte en 1909 à l’âge de trente-deux ans seulement. Dans ce volume Études et Préludes, Cendres et Poussières et Sapho nous pouvons prendre la mesure de Renée Vivien qui s’est très tôt affirmée comme auteure lesbienne à contenu saphique.
Les Odes de Sapho qu’elle a traduites et dont on retrouve nombre de fragments dans ce livre montre carrément l’amour de Sapho pour les jeunes filles de Lesbos. Sapho mérite bien sa légende d’amante de la beauté féminine et de celles qui la portent. Renée Vivien, elle, mérite le titre incontestable de fille de Sappho à part entière
Études et préludes, Cendres et poussières, Sapho, 141p. 19 €

Bleus

Le premier roman de Pierre Lacroix, Bleus, invite le lecteur à une grande aventure au pays de la sensualité. On a l’impression que l’auteur, explose, comme un autoclave trop longtemps tenu sous pression. Bleu, c’est la couleur du ciel, de l’eau et de l’air. Ces éléments qui enveloppent l’humain. D’entrée de jeu Lacroix nous dit que c’est comme ça, qu’il aime les corps velus, qu’il aime les hommes. À partir de ce moment il nous entraîne dans un tourbillon de volupté sensuelle et sexuelle enveloppée dans une prose poétique. Malheureusement pour lui les bleus se transforment en  » blues  » lorsque l’amour tant désiré n’est pas au rendez-vous. Cet appel à l’acceptation pleine et entière de la jouissance physiologique, à la beauté du corps et à l’amour se reçoit comme une bouffée d’air frais en contradiction d’avec l’idéologie judéo-chrétienne sur la sexualité et surtout sur l’homosexualité. Bleus est un hymne à la vie quelle que soit la forme qu’elle peut prendre.
Bleus, 94p. 15 €

Homo Pierrot tome I

Le deuxième roman de Pierre Lacroix et qui est le point de départ d’une série de tomes à venir, retrace la vie de Pierre d’où le titre Homo Pierrot. Un roman à base autobiographique!?! Le bleu prend subtilement sa place ici tout comme le violet était présent chez Renée Vivien et Sappho. L’écriture de ce deuxième ouvrage est beaucoup moins exaltée que dans Bleus. De lecture plus facilement abordable.
Lacroix nous raconte l’histoire d’un garçon de sa naissance dans une famille campagnarde jusqu’à son départ pour Paris avec son amant à l’âge de 17 ans. C’est avec l’accord de sa famille que Pierre alias Pierrounel et Pierrot (dépendamment des moments de sa jeune existence) peut laisser libre cours à son goût à la lecture. C’est surtout grâce à sa mère qui sur son lit de mort lui a dit  » vis comme tu es né, vis comme tu es « , (ça rejoint le  » deviens ce que tu es  » de Carl Jung) que Pierrot accepte son identité sexuelle qui le mènera dans les bras de son professeur de lettres deux fois plus âgé que lui. C’est aussi dans ces bras qu’il découvrira l’amour pour la première fois. L’amour défini par son amant comme étant  » … ce retour à la bête primitive et douce, quand nul danger ne menaçait et qu’on pouvait tout entier s’abandonner et savourer « . C’est sans tabou aucun que Lacroix nous livre le vécue de ce jeune homme qui découvre la vie, le sexe et l’amour. Nous attendons avec impatience la suite de l’aventure.
Homo Pierrot, 142p. 17 €
Éditions EROSONYX
www.erosonyx.com

BLEUS, par Handigay

Culture : Bleus de Pierre Lacroix
BLEUS de Pierre Lacroix
Azurs, horizons, hématomes, infinis humains, célestes et marins

Avoir ce livre près de soi est une sensation proche de celle que l’on doit ressentir à la découverte d’une pépite d’or, d’un talisman, d’une lanterne magique.

Son génie s’est appelé dans une édition précédente (chez Geneviève Pastre en 1996) François Nozières. Il est aujourd’hui Pierre Lacroix et son éditeur, Nix & Nox, est devenu Erosonyx sis dans le Cantal : autant dire que ce livre, pourtant disponible sur les sites des libraires en ligne les plus courants, ne vous tombe pas dessus par hasard.

Eblouissant récit d’amours entre garçons sur une île grecque, oscillant entre poème en prose et roman poétique, son écriture singulière va vous obliger à savourer chaque phrase. La lecture silencieuse, rapide et habituelle à tout lecteur confirmé, prouve ici sa faiblesse sur la mise en bouche d’un texte peaufiné à la syllabe près, à l’allitération savoureuse, au choc phonétique des dentales, au velours de voyelles orchestrant les joies et les espoirs.

Le ciel est bleu, la mer (Egée ?) est limpide mais le narrateur sait qu’il y a dans son histoire, dans notre histoire, du bleu nuit et des outremers mystérieux, inquiétants, sauvages.

Ce livre n’est pas destiné à un public d’esthètes. Sa force est d’être accessible à chacun d’entre nous et il aura un écho encore plus fort chez ceux pour qui le bleu est aussi celui de l’hématome, de la cicatrice, du choc de l’accident ou de la différence physique. Il est aussi l’azur sans frontières dans lequel notre esprit et notre force vitale peuvent, quelles que soient nos limites matérielles, se mouvoir et voler avec l’âme-frère ou à sa recherche.

Pierre LACROIX, Bleus, ErosOnyx, 2007, 94 p. 14,5 x 19 cm – 15€

LIENS DOCUMENTAIRES

Le site de l’éditeur, avec une vraie fonction d’agrandissement des caractères qui va jusqu’à un centimètre de hauteur pour les minuscules : bravo et merci … http://www.erosonyx.com/

Une critique du livre dans la revue INVERSES

Nos secrètes amours : Ode à la vulve- Têtu septembre 2008

Le Paris lesbien des années 1920 n’en finit pas d’exhumer ses trésors littéraires. Après Djuna Barnes dont Ypsilon vient d’éditer les premiers poèmes, c’est au tour des Editions ErosOnyx de publier pour la première fois les poèmes érotiques de Lucie Delarue-Mardrus. Dédiés à Natalie Barney, en souvenir de leur brève passion amoureuse, ces poèmes vieillots ont le charme de leur « fougue lyrique et de leur vérité directe », comme l’a écrit Marguerite Yourcenar. Indépendante et affamée de désir, Lucie a brûlé pour tout, en étant tour à tour journaliste, romancière, poétesse, sculptrice, et comédienne. On se délecte des mots crus des nuits.
Ursula Del Aguila

Nos Brèves amours, ErosOnyx Editions, 14 €

Lesbia Magazine, septembre 2008 : Lucie Delarue-Mardrus, Nos secrètes amours

Lucie Delarue-Mardrus, Nos secrètes amours

85 pages, 14 euors, Éditions ErosOnyx – ISBN : 978-2-95294999-4-1

Lucie Delarue-Mardrus a été (et peut-être encore le cas, on l’espère) un poète de « morceaux choisis » à l’école primaire. C’est pourquoi j’ai éprouvé un grand plaisir à aprendre, vers l’âge de quinze ans, que cette bonne Lucie avait été la maîtresse de Natalie Barney et de bien d’autres.

Nos secrètes amours, qui sont celles avec Barney, circulaient sous le manteau depuis longtemps et l’on est enchanté qu’elles aient été rééditées, même si d’un strict point de vue formel ce n’est pas le meilleur de LSM.

Les éditions ErosOnyx ont déjà réédité des recueils de Renée Vivien, ce qui ne m’a pas intéressée parce que je possède déjà l’édition Lemerre et l’édition Deforges, mais il fallait quand même le faire et je le signale ici aux amatrices. Maintenant j’aimerais lire une réédition des poèmes de Barney elle-même qui sont remarquables. C’est pour quand ?

HM

Revue INVERSES 8, juin 2008 : Pierre Lacroix, Bleus

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Lacroix Pierre, Bleus, Cassaniouze, ErosOnyx Editions, 94 P.

Autant le dire franchement, nous n’avions jusque-là rien lu de Pierre Lacroix. Publié une première fois par les Editions Geneviève Pastre, sous le pseudonyme de François Nozières, Bleus est un récit d’une envoûtante singularité. En résumer le contenu reviendrait à vouloir faire entrer l’univers tout entier dans un dé à coudre. Il n’est, en effet, pas une page qui ne recèle une image prégnante ou la reviviscence d’une émotion, d’une sensation. La couleur bleue, omniprésente, évoque d’abord l’immersion, celle qu’a vécue l’auteur quand, enfant, il manqua se noyer. « Un ange blanc, un messager de par delà les fausses frontières entre les sexes » vint lui porter secours et lui offrit comme une seconde naissance. Le bleu de l’eau rejoint alors le bleu du ciel. Elévation dans l’extase d’étreintes masculines magnifiquement dépeintes. L’enfant est devenu adulte et jouit de son sexe, du frottement des épidermes qui exalte ou exaspère les coeurs. Bleus sont les plaisirs des amants, bleus aussi les replis de l’âme humaine.

D’une écriture solaire, célébration permanente de la beauté du monde, et de sa précarité, Pierre Lacroix nous donne à percevoir l’amour dans ses moindres vibrations, ses plus intimes déchirures, ses secrets remous. La Grèce, terre sacrée des amours viriles, occupe le centre géographique du récit, il s’y déroule une transmutation alchimique à laquelle se livrent « ceux qui, du plomb des anathèmes, ont fait l’or chaud, inaltérable, de leur désir ».

Bleus appartient à la famille des oeuvres qu’on aimerait garder avec soi en cas de naufrage sur une île déserte, tant il est vrai que l’imagination du lecteur y trouvera toujours mille et une correspondance.

Thierry Sarazin

Revue INVERSES 8, juin 2008

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Revue INVERSES 8, juin 2008 : Fleur de chair.

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Quintin Yvan, Fleur de chair, Cassaniouze, ErosOnyx Editions, 109 p.

En six courtes nouvelles, Yvan Quintin nous parle d’amour, de l’Antiquité à nos jours. Une seule est consacrée à l’amour entre femmes, les autre à l’amour entre hommes. Citons Judith, de la nouvelle éponyme, une jeune juive qui va être victime, pendant la seconde guerre mondiale, de l’amour exclusif que lui porte une femme jalouse. Ou encore, un homme et un adolescent en rupture de ban qui décident de s’embarquer ensemble à bord d’un bateau pour y vivre leur amour interdit (Fugue). Dans Liberté de mai, deux hommes victimes d’une rafle de police, dans les jardins des Tuileries, trouvent l’amour dans les bas-fonds sordides d’un commissariat de police. Histoire ancienne revisite l’Enéide et et évoque les amours malheureuses de deux jeunes guerriers romains qui trouvent la mort au combat. Quant au Fiacre, du nom d’un cabaret, elle nous raconte l’histoire d’un jeune étudiant parisien qui éprouve des difficultés à assumer son homosexualité dans la France des années soixante-dix.

Yvan Quintin s’est essayé avec bonheur à l’art si subtil de la nouvelle, qui suggère plus qu’il ne doit dire.

Patrick Dubuis, revue INVERSES 8, juin 2008

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Temporel.fr, 1er mai 2008 : Renée Vivien, Études et Préludes. Cendres et Poussières, Sapho.

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Renée Vivien, Études et Préludes. Cendres et Poussières, Sapho. Aurillac : ErosOnyx Editions, 2007.

Réédition de poèmes de Renée Vivien par une jeune maison d’édition.

« Chanson

Comment oublier le pli lourd

De tes belles hanches sereines,

l’ivoire de ta chair où court

Un frémissement bleu de veines ?

N’as-tu pas senti qu’un moment,

Ivre de ses angoisses vaines,

Mon âme allait éperdument

Vers tes chères lèvres lointaines ?

Et comment jamais retrouver

L’identique extase farouche,

T’oublier, revivre et rêver

Comme j’ai rêvé sur ta bouche ? »

Voir en ligne http://temporel.fr/En-bref,344

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Temporel.fr, 1er mai 2008 : Pierre Lacroix, Bleus.

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Pierre Lacroix, Bleus. Aurillac : Nix & Nox, 2007.

Long poème en prose à l’amour. Pierre Lacroix écrit d’une très belle plume, sensuelle, et revendique son homosexualité.

« La première fois, c’était à quinze ans, aux vacances de Pâques, quand les sous-bois s’anémonent. Les livres m’avaient dit qu’elle est la fleur du vent, et les promenades l’haleine du printemps. Sur ma table de nuit, dans une fine coupe à champagne trouvée en haut du buffet, je faisais flotter sur l’eau leurs corolles coupées. Il devait y en avoir dans le bouquet de mariée de ma mère, sur la nappe du repas de noces. On les voit neigeuses quand on est gosse. A quinze ans, j’ai vu les touches violacées qui les doublent, leur pâleur mauve de muqueuses. J’ai vu les bois et les talus de mars, semés d’anémones pour le bal au grand vent des pans et des dryades. Maintenant, je sais. Elle a sa place dans ma flore. Anémone sylvie, première fleur blanche de ma vallée sans perce-neige, fleur des essors timides, des mystérieux appels du vent d’adolescence, fleur des fugues dans les bois, des fugues dans les draps. » (p. 67)

Voir en ligne http://temporel.fr/En-bref,344

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