nouvelle traduction intégrale à paraître en novembre 2025
Préface, traduction et notes d’Arnaud Fabre
Postface de Baptiste Gille

Dans la Grèce de la fin du siècle de Périclès, vers 415 avant notre ère, quelques brillants convives de tous âges, tous masculins, se retrouvent pour passer une nuit à faire l’éloge d’Éros, dieu du désir et non dieu de l’amour, comme on le dit souvent.
Le Banquet de Platon ( 427 ? – 347 ? ), écrit trente ans plus tard, après la mort de Socrate, né en 477 et condamné en 399 par les archontes d’Athènes à boire la ciguë, immortalise ce festin en un dialogue qu’on peut qualifier à la fois de réhabilitation de Socrate et de diamant bleu de l’amour pudiquement nommé « amour grec ». A vouloir le monter sur griffes savantes pour l’éclairer, les plus fins orfèvres l’ont parfois rendu d’accès difficile et flouté sous les commentaires.
Arnaud Fabre et EO ont souhaité donner du Banquet de Platon une nouvelle traduction à l’apparat critique succinct, afin que rayonne ce « talisman » homoérotique, pour reprendre le mot des hellénistes victoriens du XIXème siècle et pour en finir avec la réduction judéo-chrétienne de l’expression « amour platonique ». La sexualité entre hommes y est affirmée comme une norme et même un accomplissement : sous la pulsion du désir, se cachent les enjeux d’une vie réussie.
Dans ce Banquet, le bel Alcibiade, ivre, dans la fleur de ses trente ans, couronné de lierre et de violettes, s’étonne que Socrate, qui a près du double de son âge, ne veuille plus de ses caresses après les avoir savourées dans sa jeunesse. Vient un âge où Éros se métamorphose sans se renier, où le désir des corps se double du désir d’autres idéaux qui nous dépassent, création artistique, quête d’une sagesse, humilité devant des questions sans réponse…
Ici, Socrate est habité par la rencontre qu’il a faite de Diotime, charnelle prêtresse qui l’a bouleversé sur la question d’ « Éros insaisissable », comme le chantait déjà Sappho. Éros est un génie offert aux hommes par les dieux. Sans nulle notion de péché, cet Éros platonicien vertigineux est tissé de lumière, de chair, de mystère et d’âme. Le Désir vécu conduit à l’illumination.
Collection Poche Classiques
12 X 19, avec rabats
Couverture de Karin Andrieu, d’après la fresque dite de la Tombe du plongeur – Musée archéologique national de Paestum (D. R.)
ISBN : 978-2-918444-65-7
164 pages
prix : 9 €
