AUGUST VON PLATEN, Ghasels

À paraître en octobre 2021, republication

AUGUST VON PLATEN, Ghasels

August von Platen (1796-1835) fut page à la Cour de Bavière, puis jeune officier dans la campagne de  France, en 1814-1815, contre Napoléon, enfin grand voyageur en Italie de 1826 à sa mort. Toujours en quête de l’amour impossible qu’il vouait aux beaux garçons, jusqu’à sa mort du choléra à Syracuse à 39 ans.

Son existence inspira à Thomas Mann le personnage d’Aschenbach dans La mort à Venise (1913) ainsi qu’un hommage, en 1930, dans un essai inclus dans L’ artiste et la société (Éd. Grasset, 1973). André Gide l’avait lu et l’appréciait. Plus près de nous, le romancier allemand Hubert Fichte lui a rendu hommage à son tour, n’hésitant pas à le présenter comme « un maître aussi créatif que Whitman, Rimbaud et Genet. »

Les Ghasels dont la première édition date de mars 1821, suivie d’une autre en septembre de la même année, se coulent dans la forme persane immortalisée par Hafiz pour célébrer son inextinguible attirance vers la beauté.

Cette édition sera la première traduction intégrale en français du premier volume des Ghasels.

ISBN 978-2-918444-51-0 Collection Classiques

Format 16 x 24 144 pages

17 €

Voici que le jeune feuillage a orné
L’arbre de sa tendre verdure :
Ainsi fleurit tout autour de ta joue
Le frais, sombre et tendre duvet ;
Pour de belles femmes ce serait un bonheur
De seulement caresser cet ourlet !
Mais tu as repoussé de ta nuque
Le carcan des bonnes mœurs.
Oh ! apporte du vin et viens à moi !
Ici, dans l’herbe haute il y a de la place !
Que le dernier murmure de ta langue caresse
Mon oreille de ta langue et le vin mon gosier !
L’ivresse gonfle ta joue,
Laisse monter la sève à ta tête !
Rêvons ici, dans nos bras enlacés,
Le rêve éphémère de nos jeunes années !

GHASELS d’après l’édition de 1834, (p.107)

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August von Platen DR

RENÉE VIVIEN, Le Christ, Aphrodite et M. Pépin

À quelques mois de sa mort, le 18 novembre 1909, Renée Vivien mène une vie de valétudinaire, « une pauvre vie d’orgies et de poisons qui ne la grisent même pas », comme le rapporte Natalie Barney.

Tout en écrivant encore des vers et quelques poèmes en prose, elle se tourne à deux reprises vers un genre, la satire, où on ne l’attendait pas. Le Christ, Aphrodite et M. Pépin paraît en 1907 et L’Album de Sylvestre en 1908. Vivien y dynamite la veine lyrique de sa production habituelle pour emprunter la veine parodique de deux types d’écriture chers à son époque et qu’elle exècre, les faits divers de la presse à sensations et les albums mondains.

Renée Vivien, capable d’être ironiste ? Patricia Izquierdo présente ces deux ouvrages d’un genre que leur autrice elle-même qualifie de « satirette ».

ISBN 978-2-9184447-3
Format 14 x 19 avec rabats
88 pages
Prix 11,00 €

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RENÉE VIVIEN, Sappho, édition bilingue

EO propose pour l’automne 2020 la publication intégrale et séparée de Sappho . C’est avec cette œuvre que Pauline Mary Tarn, qui publiait jusqu’alors sous le pseudonyme ambigu R. Vivien, fait en 1903 son « coming-out » sous le nom entièrement décliné Renée Vivien.

La lectrice, le lecteur y trouveront les fragments conservés, en grec ancien, de Sappho, leur traduction par l’auteure et sa création personnelle inspirée de certains d’entre eux.

Au fragment de Sappho « Quelqu’un, je crois, se souviendra dans l’avenir de nous », font écho les vers de Renée Vivien :

Dans les lendemains que le sort file et tresse,

Les êtres futurs ne nous oublieront pas…

Nous ne craignons point, Atthis, ô ma Maîtresse !

L’ombre du trépas.

ISBN 978-2-918444-48-0
ISSN 2118-8300

Poche Classiques format 12 x 19

Prix 8 €

À paraître aux éditions du Mauconduit la correspondance inédite Vivien-Charles-Brun (1901-1910)
Voir rubrique Lire

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YANNIS RITSOS, Le monde est un, édition bilingue

À près de 70 ans, Yannis RITSOS fait un deuxième voyage en Italie accompagné de son traducteur et éditeur italien, Nicola Crocetti. C’est pour lui un nouvel émerveillement pendant ce voyage de Mondello à Milan. Il en tire le recueil Le Monde est un, deuxième volet de son triptyque italien (Transfusion 1976, Le Monde est Un 1978-1980, La Statue sous la pluie 1980).

Pompéi, ville de l’amour et de la mort, est pour lui une révélation.

ΠΟΜΠΗΙΑ — ΚΟΚΚΙΝΟ

Ἄ, πονεμένη ἐρωτική Πομπηία, βαθύσκιωτη Ἔπαυλη τῶν Μυστηρίων,
ὁμαδικοί λουτρῶνες κυκλικοί, γιά μουσική, γιά σπέρμα καί γιά ρόδα,
ἐλεύθερες πορνογραφίες στούς τοίχους τῶν μπορντέλων,
βωμοί, κολόνες, ὄνειρα, ὑδρορροές, κῆποι,
αὐτό τό ἐξαίσιο κόκκινο τῶν τοιχογραφιῶν — αὐτό πού δίδαξε
στούς ἀσκητές τεχνίτες τοῦ Βυζάντιου καί τῆς Ἀναγέννησης
τό καίριο κόκκινο —
5 ἡ ὥρα, πάμφωτο ἀπόγευμα ἑνός πύρινου Σεπτέμβρη
κι ἐμεῖς ἐδῶ, μέ ἀχόρταγο τό μάτι κολλητό στήν κλειδαρότρυπα τῆς Ἱστορίας,
ἀγέρωχοι ἡδονοβλεψίες, σέ πλήρη στύση, παρακολουθοῦμε
ἀτέρμονη τή συνουσία τῶν λεβεντόκορμων γυμνῶν Ἑλλήνων καί Ρωμαίων.

Πομπηία, 17.ΙΧ.78

POMPEI-ROSSO

Ah, Pompei afflita, erotica, Villa di Misteri piena d’ombre profonde
bagni pubblici circolari per la musica, lo sperma, le rose,
affreschi licenziosi sui muri dei bordelli,
are, colonne, sogni, grondaie, giardini,
questo superbo rosso degli affreschi – questo che insegno
agli ascetici artisti di Bisancio et del Rinascimento il rosso cruciale –
le 5 del di uno splendido pomeriggio settembre tutto fiamme,
e noi qui con l’occhio insaziablile incollato al buco della serratura della Storia,
orgogliosi voyeur al colmo dell’ erezione, osserviamo
l’interminabile accopiamento dei gagliardi corpi nudi di Greci e de Romani.

Pompei 17.9.1978

Traduction de Nicola Crocetti dans son édition de Le Monde est un (1981)

POMPÉI – ROUGE

Ah, douloureuse voluptueuse Pompéi, Villa des Mystères à l’ombre épaisse,
bains collectifs circulaires, pour la musique, le sperme et les roses,
pornographies libres sur les murs des bordels,
autels, colonnes, rêves, chéneaux, jardins,
ce rouge splendide des fresques – celui qui fut enseigné
aux artisans ascètes de Byzance et de la Renaissance
le rouge absolu –
5 heures, un après-midi éclatant d’un flamboyant septembre,
et nous ici, l’œil inassouvi rivé au trou de serrure de l’Histoire,
voyeurs arrogants, en pleine érection, nous épions
la copulation sans fin de ces corps nus superbes de Grecs et de Romains.

Pompéi, 17. IX. 78

En librairie courant mars 2020
Collection Classiques
Préface et traduction d’Anne Personnaz
ISBN 978-2-918444-44-2
Format 14 x 19
72 pages
13, 00 €
Voir à la rubrique « Presse et Blogs » la note de lecture de Michel MÉNACHÉ dans le numéro 1095-1096 juin-juillet 2020 de la revue EUROPE

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ROBERT D’HUMIÈRES, Lettres volées, Roman d’aujourd’hui (1911)

Nous avons exhumé… Triste à dire d’un homme tombé au front à la seconde bataille d’Ypres en avril 1915.

Il s’appelle Robert d’Humières et il est né au château de Conros, tout près d’Aurillac, en 1868.
Il n’est connu aujourd’hui que par ses traductions qui ont longtemps fait autorité. Celles des Livres de la Jungle de Rudyard Kipling, en collaboration avec Louis Fabulet, sont toujours éditées.
Aucune autre de ses œuvres, de voyageur, de poète, de philosophe, de romancier, n’est aujourd’hui disponible.

Nous nous proposons de faire redécouvrir son unique roman, publié en 1911, Lettres volées, roman d’aujourd’hui.

Jacques Porel, fils de Réjane, la célèbre actrice de la Belle époque, fit partie sous les ordres du lieutenant Robert d’Humières, des interprètes affectés auprès des troupes hindoues, sous les ordres des Anglais dans le nord de la France au début de la Grande Guerre. Dans les mémoires de Jacques Porel parus en 1952, on lit à propos de son ancien chef :

« […] Je commençai à penser que la chance n’avait jamais servi cet homme, brillant, exceptionnel, qu’il n’avait pas eu sa place, qu’il ne l’aurait jamais. Il ne l’a toujours pas. Il m’arrive de parler de lui à Colette, quand je la vois. Elle pense comme moi : Robert d’Humières, grand traducteur, était aussi un bel écrivain. Il a écrit un roman, Lettres volées, que peu de gens ont lu. Le livre est beau et mériterait d’être réédité. On devrait le faire et en demander la préface à Colette qui a très bien connu d’Humières. ».

Ce sera chose faite en janvier 2020. Avec une préface d’Alain Stoeffler et deux dossiers, qui s’appuient sur Proust et Colette, autour de Robert d’Humières, pour tenter d’éclairer le secret qui entoure le personnage complexe qu’il fut.

Et voici qu’en août 2019, la Société des amis de Colette et le Fonds d’études Colette ont autorisé ErosOnyx éditions à publier pour la première fois les 28 lettres que Colette avait soigneusement conservées jusqu’à sa mort, en souvenir de ce gentleman qui n’était « pas de ceux qui se laissent oublier », comme elle l’écrit dans Le Pur et l’Impur ! On ne pouvait imaginer plus bel éclairage pour approcher Robert d’Humières.

On verra ci-dessous, dans les documents photographiques, deux portraits de l’auteur, dont un en hussard à un bal costumé donné en 1895. Robert d’Humières appréciait particulièrement la virilité et, entre autres, la virilité militaire ! Merci à notre préfacier de nous l’avoir aimablement communiqué. Prestige de l’uniforme, même si on démissionne après cinq ans d’armée !

PS en date du 27-01-2020- Notre préfacier, propriétaire de la photo de l’auteur en hussard pour un bal costumé, préférant ne pas divulguer ladite photo, nous l’avons donc retirée.

Format 14 X 19
ISBN 978-2-918444-43-5

Prix : 16 €

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LUCIE DELARUE-MARDRUS, Nos secrètes amours

Dans sa présentation de l’édition 2008 de Nos secrètes amours, Mirande Lucien écrivait :

« Sous le titre Nos secrètes amours circulent, en particulier sur la Toile, des regroupements de poèmes, qui d’ailleurs ne sont pas toujours les mêmes, attribués à Lucie Delarue-Mardrus. On nous dit qu’ils ont fait l’objet, en 1951, d’une édition posthume confidentielle à l’initiative de Natalie Clifford Barney.

Ces poèmes constituent le roman d’un amour bref et tourmenté entre deux femmes. Celle qui écrit est novice en amour saphique et peut-être en amour tout simplement. Elle aime, et souffre des infidélités de son initiatrice, sa cadette pourtant.

Nous n’avons pas tant de poèmes où une femme évoque le geste de Sappho et le plaisir qu’elle offre à une autre femme, pour leur satisfaction à toutes les deux et à elles seules. Cela valait donc la peine de retourner aux originaux et, ayant fondé ce qu’il faut bien appeler leur paternité, de rétablir le texte primitif tel qu’il fut offert par Lucie Delarue-Mardrus à Natalie Clifford Barney. Il devenait ainsi évident que l’édition voulue par Miss Barney prenait quelques libertés avec le texte original. Dans ces retouches, il ne faut voir aucune malveillance. Simplement, en 1951, il était impossible de tout dire.

Raison de plus pour le dire aujourd’hui ».

Recueil à l’origine publié en collaboration avec la revue Inverses

Format poche 12 x 19

92 pages

Prix 7,50 €

ISBN 978-2-918444-37-4

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RENÉE VIVIEN, Le cygne noir, édition bilingue

Mais il était trop épuisé pour atteindre son but…
Alors le vent marin transporta le cygne mort et le conduisit jusqu’à la grande mer bienfaisante.

En 1912, un peu plus de deux ans après la mort de Renée Vivien (1877-1909) à Paris, ville d’adoption de la poétesse anglaise, sa sœur Antoinette fait publier à Londres, sous son patronyme Pauline Mary Tarn, ces étranges et brèves ballades restées inédites, oscillant entre prose et poésie, seule œuvre de Renée Vivien à avoir été écrite dans sa langue natale. Retour aux sources pour la poétesse ? Dernière variation surtout autour de la mélancolie mélodieuse et incurable qui traverse son œuvre abondante qu’EO réédite depuis 2007.
On retrouve dans cet ultime recueil un climat de contes noirs et un fantastique parfois gothique qui, depuis 1901, avaient déjà traversé les vers comme la prose de « la Muse aux violettes ». Dans l’émiettement de ces quatorze tableaux où passe une énergie du désespoir tour à tour criée et chuchotée, tour à tour violente et apaisée, on entend encore et toujours l’obsession vivianesque que l’amour n’est pas aimé et que le charme des mots tressés sera jusqu’au bout la seule véritable consolation d’une vie que Nicole G. Albert, qui traduit et présente cette œuvre posthume, qualifie d’intranquille.

Un volume à rabats 14 x 19
ISBN : 978-2-918444-35-0
Prix : 14 €

Merci à « La Maison de Colette » de nous avoir permis de reproduire, à l’intérieur du volume et ci-dessous, la photographie peu connue de Renée Vivien (debout) et de Natalie Barney : aux beaux temps de leur fugace amour fou, en 1900, Vivien ne se sentait-elle pas déjà « cygne noir », paupières baissées et costume cintré d’Incroyable ébouriffé, planant sur son Ondine blonde, indolente sous son lourd chignon et son léger déshabillé à la grecque, défiant, elle, calmement l’objectif ?

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MIKHAÏL KOUZMINE, La truite rompt la glace, édition bilingue

Un inconnu se baigne
En cachette dans l’eau.
Naïvement il promène
Un regard inquiet.
Pas la peine de cacher
Ta nudité pudique.
Les passants du pays
N’ont pas souci de toi.
Un bref signe de croix,
Avant de plonger de la berge…
Tu serais plus malin,
Tu jouerais à Narcisse.
Moucherons, libellules,
Plein soleil sur les champs…
Tu contemples le ciel,
Tu es loin de la terre…
Un indice ? un souvenir ?
Tout ton corps dans les eaux
Se moire de l’éclat
Vert du mica.
Reste bien sur ta gauche,
Tu rejoindras la rive.
De sa queue d’argent frappe
La truite, la truite, la truite !

Mikhaïl Alexeïevitch Kouzmine (1872-1936) fut prosateur, poète et compositeur dans la Russie du dernier tsar puis dans la jeune URSS. Ouvertement homosexuel dans la vie comme dans ses œuvres, dandy fardé de bistre, dandy aux 365 gilets, dandy aux yeux aussi magnétiques que la voix pour dire ses vers, selon Marina Tsvetaïeva, arbitre des élégances pour l’intelligentsia de Saint-Pétersbourg, figure essentielle de l’ « Âge d’argent » jusqu’aux années 20, comme tant d’artistes il fut contraint au silence par la dictature stalinienne. Sa prose est connue en France depuis la parution de son roman Les Ailes et de quelques nouvelles. Mais le poète reste à découvrir. Avec La Truite rompt la glace et l’édition bilingue de ce premier cycle, écrit en 1927 et qui donne son titre au recueil de 1929, grâce au nerf et à la couleur de la traduction de Serge Lipstein, le public francophone va pouvoir enfin connaître un grand poète russe atypique dont EO publiera en 2018 la traduction de la biographie américaine parue en 1999, Mikhaïl Kouzmine, A life in Art, de John E. Malmstad et Nicolaï Bogomolov (Harvard University Press).

format 14 x19 ISBN : 978-2-918444-33-6 prix : 16 €

Dans Le Monde des Livres (vendredi 31 mars)

Un amoureux des hommes

Tiré de l’oubli à la fin du XXe siècle par la traduction de nouvelles (Le Rossignol vert, Noir sur blanc, 1996), d’un roman (Les Ailes, Ombres, 2000) ou d’une biographie (La Vie merveilleuse de Joseph Balsamo, Circé, 1999), Mikhaïl Kouzmine (1872-1936) attend encore d’être reconnu pour le (bon) musicien et le (subtil) poète qu’il est.

Voici La truite rompt la glace, cycle de poèmes composé en 1927 et qui assume sa base autobiographique – même si l’évocation de la « ronde des plaisirs et amours » évoquée dans l’épilogue (« ont surgi une foule de souvenirs, / des pages de romans lus et relus, / morts et vivants entremêlés ») tient moins de la confession que de la célébration de son amour des hommes qui le fit condamner au silence sous la dictature stalinienne.

L’édition bilingue offre une idéale introduction à l’ « Oscar Wilde de Saint-Pétersbourg » qui éblouit Marina Tsvetaïeva et figure en bonne place, « Satan dans toute son élégance », dans le Poème sans héros d’Anna Akhmatova.

Philippe-Jean Catinchi

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EDWARD PRIME-STEVENSON, IMRE

L’Anglais Oswald, âgé d’une trentaine d’années, rencontre à Budapest au cours d’une de ses pérégrinations, Imre, jeune et bel officier austro-hongrois. Tous deux portent le masque imposé aux affinités amoureuses qui n’osent se dire. Mais la confession de l’un entraîne la confession de l’autre. L’auteur (1858-1942) de The Intersexes illustre, dans son récit, l’idéal incarné d’un bonheur possible entre deux hommes.

Roman d’un temps suspendu. Le temps qu’il faut à deux hommes, au début des années 1900, pour se dire : « … le rêve est devenu réalité. Je t’aime, comme tu m’aimes. J’ai trouvé, comme toi aussi tu as trouvé, l’amitié qui est amour, l’amour qui est amitié… Viens, mon ami, mon frère ! Il est temps de nous reposer, ton cœur sur le mien, ton âme avec la mienne. Pour nous deux, oui, c’est enfin le repos. »

Et ce, avant Maurice d’E.M. Forster, en 1906 !

Présentation de l’auteur par Jean-Claude Féray
Avant-propos de James Gifford
Traduction d’Yvan Quintin

Collection Classiques

format : 14 x 19

ISBN 978-2-918444- 31-2
ISSN 2118-8300

prix : 17 €

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YANNIS RITSOS, Hélène, édition bilingue

Avec ce monologue, l’un des dix-sept du recueil Quatrième dimension, c’est un de ses poèmes théâtraux que Yannis Ritsos (1909-1990) nous donne à lire, à voir et à écouter. A partir d’un des plus célèbres des mythes antiques.

La belle Hélène de Troie est ici à la dernière heure de sa vie. Elle est devenue la vieille Hélène dans sa grande maison délabrée, une Hélène impotente, humiliée par des servantes devenues bourreaux. Bourreaux semblables à ceux de Ritsos, alors en résidence surveillée à Samos au moment de l’écriture d’Hélène en 1970, sous la dictature des colonels.

Et pourtant sont intacts le feu des yeux d’Hélène, sa raison, sa parole. Au fil de sa longue confidence à un ancien amant ou simple visiteur, se déroule un bilan : naufrage bien sûr, mais aussi dernier surplomb au dessus de toute sa vie, fascinante élévation où les mots peuvent encore filtrer l’essentiel des bonheurs et des malheurs et faire sourire encore des médiocrités et des cruautés. Atteindre, avant la mort, une réconciliation avec l’Histoire et son histoire, grâce à la « quatrième dimension » ?

Collection Classiques

parution mai 2016

ISBN : 978-2-918444-29-9

format 14 x 19 80 pages 15 €

Voir recension dans Presse et Blogs : ÉTUDES FRANCO-ANCIENNES n° 158

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