BRIGITTE ROLLET, Olivia, une œuvre constellation

À paraître en janvier 2022

Quand elle publie anonymement Olivia en 1949, Dorothy Bussy ignore encore que ce récit autobiographique d’un amour de jeunesse pour l’une de ses professeures va s’imposer comme une œuvre nodale au sein d’une vaste galaxie féminine – et lesbienne.

Roman d’apprentissage d’un nouveau genre, il suscite la comparaison avec maints romans comme Claudine à l’école (1900) de Colette, Poussières (1928) de Rosamond Lehmann, ou Jeunes filles en uniforme (1930), pièce de Christa Winsloe, portée à l’écran dès 1931 par Leontine Sagan… Le roman met en scène un couple de femmes et jette un regard neuf sur l’éducation des filles, leur relation au savoir et aux élans du cœur. Jacqueline Audry adaptera fidèlement Olivia au cinéma (1951), parachevant sa tranquille radicalité.

En (re)tissant les fils qui relient les œuvres et les figures – pour certaines injustement oubliées – gravitant autour de Dorothy Bussy, cet ouvrage vise à rendre son éclat à la constellation dont Olivia est un des astres les plus lumineux.

Brigitte ROLLET est chercheuse au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines et enseigne à Sciences Po. Ses recherches portent sur les questions de genre et de sexualité au cinéma, sur le grand et le petit écran. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages sur des réalisatrices françaises et francophones, dont l’un, consacré à Jacqueline Audry, en 2015, présente Olivia comme « un film impensable ».

Cet ouvrage est publié avec le soutien du CNL

Collection Documents

ISBN 978-2-918444-53-5

190 pages,

format 14 x 19

14, 00 €

AIMÉE DUC, Sont-elles des femmes ? Roman sur le troisième sexe

Sont-elles des femmes ? Roman sur le troisième sexe est paru en Allemagne en 1901. Il est ici traduit pour la première fois en français. Ce roman pionnier est à la fois un essai militant et une fiction de littérature légère.

L’objectif des lesbiennes, féministes et intellectuelles, qui en sont les personnages était de faire reconnaître leur « altérité ».
N’étant ni comme les hommes ni comme toutes les autres femmes qu’elles voyaient autour d’elles, que leur restait-il sinon la conviction d’appartenir à un troisième sexe ?

Traduction de Thierry Hoquet, spécialiste de la philosophie des Lumières. Il enseigne à Paris X.

Présentation de Nicole G. Albert, spécialiste des littératures fin-de-siècle, féministe et saphique.

La photo de couverture fait partie de la collection de Sébastien Lifshitz . Carte photo, Etats-Unis (circa 1910). Elle figure dans l’ouvrage Mauvais genre, Éditions Textuel, Paris, 2016.

Ce livre a été soutenu financièrement par l’Université Paris Nanterre.

ISBN 978-2-9184444-46-6
format 14 x 19
120 pages
12, 00 €

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WILLIAM PENISTON et NANCY ERBER, Bougres de vies (Queer Lives)

Le plus souvent publiées séparément en France, voici réunies huit autobiographies d’homosexuels – les auteurs américains William Peniston et Nancy Erber les qualifient de « queer » – qui, entre 1845 et 1905, se racontent. Bougres de vies, vies de bougres !

Ce livre regroupe huit autobiographies françaises du 19ème siècle, à l’époque où, échappant au prêtre, l’homosexuel tombe sous la coupe du médecin, où le péché devient pathologie. Publiés ça et là, ces documents ont été rassemblés et publiés en 2007, aux États-Unis, sous le titre « Queer Lives : Men’s autobiographies from Nineteenth-Century France, traduits, édités et présentés par William A. Peniston et Nancy Erber (University of Nebraska Press) ».

Nancy Erber et William A. Peniston sont deux universitaires américains spécialisés dans les « queer studies » (recherches autour des LGBTQI+). En publiant Queer Lives, ils ont permis à un public d’Outre-Atlantique de découvrir une matière française connue à l’époque des seuls médecins et que Zola lui-même n’a pas osé exploiter dans sa vaste fresque des Rougon-Macquart.

Il aura donc fallu passer par les USA pour que le public français découvre ces documents… français. Outre leur intérêt documentaire, ces autobiographies présentent aussi un véritable intérêt littéraire. Le dernier document en particulier est une longue série de lettres adressés à Émile Zola. Il est devenu célèbre sous le titre Roman d’un inverti-né.

La famille d’Émile Zola a, depuis la publication de Bougres de vies, confié à Michael Rosenfeld l’intégralité de ces lettres qu’il a publiées en 2017 aux Nouvelles éditions Place sous le titre Confession d’un homosexuel à Émile Zola.

William A. Peniston et Nancy Erber sont deux universitaires américains. En publiant Queer lives, en 2007, ils ont permis à un public d’Outre-Atlantique de découvrir une matière française connue à l’époque des seuls médecins et que Zola lui-même n’a pas osé exploiter dans sa vaste fresque des Rougon-Macquart.

Copyright Jim Graham pour la photo de couverture (circa 1875-1880).

QUEER LIVES… DRÔLES DE VIES… BOUGRES DE VIES !
Voir article de Nicole G. Albert à http://journals.openedition.org/chrhc/2857

NOUVELLE PARUTION EN SEPTEMBRE 2020

ISBN 978-2-918444-45-9 Collection Documents

Format 16 x 24 216 pages

18, 00€

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MIKHAÏL KOUZMINE, Vivre en artiste

Trente ans de recherches

Après avoir travaillé sur Biély, John Malmstad a entrepris la rude tâche de réhabiliter Mikhaïl Kouzmine que le régime soviétique avait occulté depuis plus de 50 ans. Dans les années 70, avec l’aide de V. Markov, il a établi une première édition des œuvres et de la vie du poète russe, publiée en 1977 à Munich. Cette publication lui a fait rencontrer Nicolas Bogomolov, chercheur et professeur de littérature russe à Moscou, qui s’enthousiasmait aussi pour Kouzmine.

Or, « les choses étaient en train de changer, vite, dans le nouveau climat de glasnost et de perestroïka ». Tous deux ont alors mobilisé leurs forces pour exhumer textes et documents de toute sorte longtemps enfouis. Ensemble ils publient « Mikhail Kouzmine : un art, une vie, une époque » à Moscou en 1996.

Après la version russe, les auteurs – Malmstad enseigne à Harvard University et Bogomolov y a été professeur invité – ont donné la version publiée en anglais (USA).

« Il va sans dire que nous n’avons pas (…) essayé de taire l’orientation sexuelle de Kouzmine pour traduire en russe mon travail original écrit en anglais. Mais ce sujet-là blesse, comme chez nous, bien des gens en Russie, qui se révèlent en fait souvent choqués par toute enquête biographique ou critique qui a l’air « trop intime ». En témoignent les protestations que provoque, parmi les spécialistes russes de l’œuvre de Tsvetaïeva, toute allusion à sa bisexualité. Nul besoin des mêmes précautions ici. L’identité gay de Kouzmine n’est pas le sujet principal du présent ouvrage, mais cette identité et bien d’autres aspects intimes du poète sont traités de façon plus exhaustive dans cette biographie que dans la version russe.
Bref, ce livre remanie totalement les deux premières versions du texte : ce n’est pas simplement une révision de l’une et une traduction de l’autre. Certes, quelques passages importants diffèrent très peu dans les trois, mais cela n’arrive que rarement. Les lecteurs, y compris ceux qui souhaiteront consulter l’édition russe pour ses nombreuses références d’archives, doivent considérer ce travail comme notre dernier mot sur le sujet, du moins à ce jour. » (Préface de John E. Malmstad)

Cette publication est la première traduction à paraître en langue étrangère de Mikhail Kuzmin, A Life in Art, Harvard University Press, 1999 (466 pages).

Traduction d’Yvan Quintin (avec la collaboration de Pierre Lacroix et de Serge Lipstein)
Ci-dessous les couvertures des trois éditions. De droite à gauche : russe, anglaise (US), française (automne 2018)

ISBN : 978-2-918444-36-7
Collection Documents ISSN : 2260-2860
Format : 16 X 24
478 pages incluant un cahier iconographique de 8 pages
Prix : 25 €

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CHRISTIAN GURY, L’étrange Jean de Bonnefon

Célèbre pour ses cent-quarante-cinq kilos, ses allures et son style d’écrivain à la Barbey d’Aurevilly, Jean de Bonnefon (1866-1928), né à Aurillac et maire de Calvinet, village du Cantal, de 1908 à sa mort, l’était aussi pour ses reportages et ses interviews totalement inventés ou la cruauté des bons mots de sa conversation.

Journaliste parisien spécialisé dans les questions religieuses, il soutint la politique de Séparation de l’Église et de l’État d’Aristide Briand, se définissant comme « catholique anticlérical » ou dénonçant d’une plume féroce les mœurs supposées des cardinaux.

Lui-même rôdeur de Sodome, à la vie pleine de voyages et de mystères, premier employeur et mentor de Robert Desnos, « Jean-foutre » et « imposteur constant » selon les formules de Léon Bloy, Jean de Bonnefon, en accord avec son temps de Belle Époque et d’Années folles, campait, aux mots de Cocteau, dont il édita le premier recueil, une figure haute en couleurs de « monstre sacré ».

Dessin de couverture (anonyme) : in Auvergne & Auvergnats, Antonin Meyniel, Éditions Ficker, 1908.

Portrait de Jean de Bonnefon – carte postale. Coll. Musée du Veinazès (MDV).

Collection Documents

ISBN 978-2-918444-30-5

Format 14X19 108 pages 12,50 €

Voir recension dans Les LETTRES NORMANDES N° 112 3ème trimestre 2016

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